Les réseaux d’eau sont au bout du rouleau

Réseaux d'eau désuets
Au Québec, la crise du logement bat son plein depuis plusieurs décennies. Suivant la pandémie de la COVID-19, le fléau n’a fait qu’empirer. Plusieurs causes sont liées directement à la crise, notamment une trop grande demande de logements, les prix grimpants de matériaux de construction et la pénurie de main-d’oeuvre. Malgré tout, un aspect important de la crise se doit d’être attribué à un acteur qui joue dans l’ombre ; Le système d’infrastructure d’eau désuet.

La construction figée dans la glace

À travers la province, plusieurs municipalités se retrouvent figées dans leurs plans de développement urbains. En plus de tous les enjeux mentionnés plus haut, les réseaux d’eau sont à leur pleine capacité. En d’autres mots, les infrastructures d’eau sont dans un tel état qu’elles ne peuvent soutenir plus de demandes.

Dans un sondage réalisé en 2025 par l’Union des Municipalités du Québec, 43 des 139 municipalités participantes ont répondu ne pas pouvoir entamer des projets de construction à cause de leurs infrastructures désuètes 1.

 

Photo infra désuète

À La Prairie, la construction de logements a redémarré, mais sous un modèle de redevances. Plutôt que d’attendre plus d’investissement des gouvernements, la ville fait payer une part des infrastructures aux promoteurs, qui en retour augmenteront les coûts pour les acheteurs. L’opinion est partagée sur cette méthode, puisqu’elle permet de ne pas augmenter les taxes des résidents, mais elle fait également en sorte que les locataires des nouveaux logements paieront plus cher 2. La question se pose alors : Comment peut-on régler le problème ?

Quelques solutions au problème

Selon l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation au Québec (APCHQ), certaines solutions peuvent être mises en place rapidement pour freiner le fléau. La plus importante (et la plus coûteuse) est la mise à niveau des infrastructures 3. Cette procédure implique la modernisation des réseaux de distribution d’eau potable et est financée par le Programme de transfert pour les infrastructures d’eau et collectives du Québec (TECQ). Les fonds remis aux municipalités grâce à ce programme sont destinés à la mise aux normes des réseaux d’eau potable, mais également à l’entretien des routes.

Malgré ces fonds, la facture estimée en 2025 de 49 milliards de dollars reliée au remplacement des infrastructures d’eau reste bien haute4. L’APCHQ propose également une installation de systèmes d’eau en boucle fermée, pour économiser le plus d’eau possible. Encore une fois, ce processus est coûteux, et ne garantit pas une solution rapide au problème. Finalement, des tarifications volumétriques ont été discutées. Ces tarifications viseraient les plus grands consommateurs d’eau et encouragerait le Québec à ne pas surconsommer son eau potable.

Photo surconsommation

La surconsommation est un enjeu

Une grande partie de l’usure prématurée des réseaux d’eau potable au Québec relève de la consommation surélevée. Selon les dernières données récoltées en 2023, en moyenne, un québécois consomme 245 litres d’eau par jour5. Comparativement, l’ensemble du Canada consomme en moyenne 223 litres d’eau par jour, par personne, selon le rapport de Statistique Canada de 20216. Cet écart de 22 litres par personne équivaut à un cycle de lavage complet avec un lave-vaisselle, par jour7. Cette surexploitation du réseau entraîne des bris qui, ultimement, vieillissent et désagrègent les infrastructures.

En bref, il est impératif d’avoir de bonnes habitudes de consommation d’eau potable pour préserver nos infrastructures. La construction de nouveaux logements repose sur des réseaux forts et capables d’adaptation selon la demande.

Pour faire sa part en tant que citoyen, quelques simples actions peuvent faire une grande différence:

• Installer un robinet à débit réduit sur les lavabos et les douches ;

• Prioriser l’utilisation de laveuses à chargement frontal puisqu’elles consomment 50% de la quantité d’eau des laveuses à chargement par-dessus7 ;

• Éviter l’utilisation de l’eau chaude lorsqu’on lave la vaisselle ;

• Prendre des douches courtes et réduire les bains.

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